Quitter la finance parisienne pour ériger des infrastructures numériques en Afrique. C’est le pari assumé de Selena Souah, entrepreneure franco-gabonaise. À travers ses projets Revolution’Air et RegCard, elle trace une trajectoire singulière, centrée sur l’autonomie technologique du continent.
De la finance française aux télécoms africains
Diplômée de l’ISC Paris, Selena Souah débute dans la finance. Elle travaille comme analyste en risques dans une banque à Paris. Elle constate la dépendance numérique de l’Afrique aux infrastructures étrangères. Elle choisit alors d’apporter une réponse pratique à cette réalité.
En 2020, elle fonde Revolution’Air Ltd, un opérateur télécom basé au Rwanda disposant d’une licence d’exploitation sur 15 ans. L’entreprise vise à connecter des zones rurales et à créer un réseau pensé pour les Africains.
En parallèle, elle lance RegCard, une solution numérique permettant aux hôtels d’enregistrer les voyageurs via un QR code unique. Ce service modernise le secteur hôtelier en réduisant les délais d’attente et en sécurisant les données.
Revolution’Air et RegCard : deux leviers pour l’indépendance numérique de l’Afrique
Revolution’Air ambitionne de devenir un acteur panafricain majeur de l’accès Internet. Elle utilise des technologies sans câble installées en zones difficiles d’accès pour réduire les coûts et démocratiser la connectivité.
RegCard, quant à elle, permet à l’Afrique d’intégrer les standards technologiques mondiaux tout en gardant la maîtrise de ses données. À travers ces deux projets, Selena Souah répète que l’Afrique doit cesser d’être un marché de consommation pour devenir un espace de production technologique.
En 2024, elle rejoint le conseil d’administration de l’Aspen Institute France. Cette reconnaissance institutionnelle renforce sa légitimité dans les sphères d’influence internationales.
Une leader engagée au service de la transformation digitale africaine
En octobre 2025, elle intervient au sommet Global Leadership by Women Summit. Elle y représente la tech africaine parmi les figures majeures de l’innovation au féminin. Cette participation renforce son rôle de référence sur les questions de souveraineté numérique.
Dirigeant des infrastructures critiques gérées localement, Selena Souah démontre que l’Afrique peut reprendre la main sur son avenir technologique. Sa démarche repose sur des projets tangibles, gérés par des talents du continent.
En réunissant vision stratégique, rigueur économique et enracinement local, elle offre une preuve concrète qu’un futur numérique autonome pour l’Afrique est non seulement souhaitable, mais déjà en construction.


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