Le projet Lamomali, né de la rencontre entre le chanteur français M et le maître malien de la kora Toumani Diabaté, revient avec un deuxième album. Intitulé Totem, ce disque marque une nouvelle étape pour le collectif, mais aussi un hommage à Toumani Diabaté, disparu le 19 juillet 2024. Aux côtés de Fatoumata Diawara et de nombreux invités, le groupe poursuit l’objectif fixé dès le départ : faire dialoguer les traditions africaines et les sonorités contemporaines.
Quand la kora rencontre la guitare
Toumani Diabaté, maître malien de la kora et héritier d’une longue lignée de griots, est à l’origine du projet Lamomali. En 2017, il s’associe au chanteur français Matthieu Chedid, plus connu sous le nom de M, pour donner naissance à un premier album qui fait dialoguer les cordes traditionnelles de la kora avec les riffs de guitare électrique. Ce travail collectif avait déjà pour ambition de « fusionner les cultures et renforcer les liens d’amitié », comme le rappelle l’équipe réunie autour de ce projet transcontinental.
Le succès du premier volume a confirmé la pertinence de cette démarche artistique qui voulait unir des voix et des instruments venus d’horizons différents afin de proposer une création unique, enracinée en Afrique mais ouverte au monde. La sortie du deuxième album s’inscrit dans cette continuité, avec la participation de Fatoumata Diawara et le retour de plusieurs musiciens de l’équipe initiale. L’objectif demeure inchangé : bâtir des ponts entre les traditions musicales africaines et les influences contemporaines, et offrir au public un espace de rencontre entre mémoire et modernité.
Totem, l’album-hommage à Toumani Diabaté
La disparition de Toumani Diabaté, survenue le 19 juillet 2024, a profondément marqué l’équipe de Lamomali. Le deuxième album, intitulé Totem, est devenu un projet à double portée qui veut prolonger l’aventure musicale initiée plusieurs années plus tôt et rendre hommage à celui qui en fut l’inspirateur. Comme le souligne l’entourage du collectif, ce disque est pensé comme « un témoignage vivant de son héritage et de l’amitié qu’il a su tisser autour de lui ».
Autour de M et de Fatoumata Diawara, une mosaïque d’artistes de renom s’est jointe à cette nouvelle étape : Angélique Kidjo, Oxmo Puccino, Amadou & Mariam, Seu Jorge, Ibrahim Maalouf, Boombass ou encore Patrick Watson. La setlist illustre cette diversité avec des titres comme Secret Garden, Je suis Mali, Tour d’ivoire ou Le peuple qui danse. Chaque morceau accueille une voix singulière, déposant « un petit bout d’âme » sur l’album. Cette variété de collaborations fait de Totem une œuvre polyphonique, où chaque contribution enrichit un récit commun, entre hommage et création partagée.
Avec Totem, Lamomali prolonge l’élan initié par Toumani Diabaté et confirme sa volonté de relier traditions africaines et influences modernes. Devenu un hommage au maître de la kora, l’album prend une dimension particulière, il célèbre la mémoire d’un artiste disparu tout en affirmant la vitalité d’un collectif capable de continuer à créer au-delà de l’épreuve.
L’impact dépasse le cercle des musiciens impliqués. Lamomali illustre la manière dont les musiques africaines s’imposent comme des forces de dialogue, capables d’attirer des artistes venus d’univers très différents. En réunissant des figures comme Angélique Kidjo, Oxmo Puccino ou Seu Jorge, le projet témoigne de l’attrait international pour une Afrique créative et ouverte.


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