Cotonou devient un point de rencontre pour la musique francophone. Le pays accueille le Salon des industries musicales d’Afrique francophone (SIMA). Cet événement reflète la volonté du Bénin de s’imposer comme un acteur culturel majeur. Trois projets musicaux illustrent cette dynamique. Ils portent un message fort, entre mémoire, jeunesse et engagement.
Un salon stratégique pour l’économie musicale
Le SIMA se tient du 10 au 15 novembre. Il réunit artistes, producteurs et décideurs. Tous s’intéressent à la montée en puissance de la musique en Afrique francophone. En 2024, les revenus du secteur ont atteint 110 millions de dollars. Cela représente une hausse de 22,6 % en un an, selon la Fédération internationale de l’industrie phonographique.
Le Bénin veut transformer cette croissance en levier de développement. Sindé Chekete, directrice générale de Bénin Tourisme, y voit une opportunité. Elle affirme que le SIMA traduit la vision du pays. Pour elle, culture et tourisme peuvent devenir des piliers économiques et sociaux.
Mais les défis restent nombreux. Mamby Diomandé, fondateur du salon, rappelle une réalité. Il estime que les talents africains existent, mais manquent de financements. Sans moyens adaptés, ils peinent à s’exporter et à générer une valeur durable.
Trois artistes, trois regards sur le Bénin
Gangbé Brass Band ouvre le bal. Ce groupe légendaire prépare un nouvel album, prévu le 21 novembre. Intitulé From Ouidah to Another World, il explore les liens entre l’Afrique et la diaspora. Le morceau « Ahelou » en donne un aperçu. Le groupe mélange jazz, fanfare et sons traditionnels pour raconter l’histoire de la traite négrière et des mémoires sonores.
Plus au nord, à Natitingou, huit jeunes filles forment le Star Feminine Band. Elles ont sorti en septembre l’album Jusqu’au bout du monde. Leur musique combine guitares électriques et rythmes africains. Elles chantent la liberté, l’égalité et le respect des femmes. Leur énergie en fait un symbole de la jeunesse béninoise.
Enfin, Myster Ezin représente une autre facette de la scène locale. Ce slameur et compositeur s’est fait connaître par son album Espoirs. En octobre, il a publié le clip du titre « Espoir ». Son style urbain et poétique parle des défis quotidiens. Il rend aussi hommage aux classiques, comme sa reprise de « Caroline » de MC Solaar.
Ces trois projets montrent la diversité de la création béninoise. Chacun propose une vision originale du pays. Ensemble, ils relient passé, présent et avenir. Le SIMA devient ainsi plus qu’un simple salon. Il met en lumière une scène musicale dynamique, porteuse d’histoires et d’ambitions.


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